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Newsletter n°28
Avril 2010
Chers amis voyageurs

La récente conférence de la CITES à Doha a montré notre incapacité à limiter les chasses commerciales sur des espèces menacées.

Le thon rouge n'a pas été protégé, ni les requins (à une espèce près), ni plusieurs baleines. Le Japon a su entraîner par son influence financière et politique le vote des pays pauvres, amenant ainsi des votes majoritaires.

Le résultat est consternant : d'autres espèces vont ainsi disparaître. Et au-delà des tigres, éléphants, chimpanzés, nous devons commencer par nous interroger en France ; nous décimons loups, ours, lynx illégalement ; quand un sanglier retourne un champ, on va chasser le « cochon », quand un cerf broute un épicéa, on hurle aux dégâts...

Nous agissons comme les Nippons, à la seule différence que nos actes se déroulent sur des terres nationales, voire privées, alors que le Japon lui, exerce en eaux internationales. Alors... heureusement que, contrairement à leurs aînés, 69% des jeunes Japonais préfèrent les spaghettis aux sushis.

Qui a priori pourrait croire qu'à exporter pizzas et steak-frites on peut sauver les baleines, requins et thons ?


Les actualites du tourisme

Campings et croisières...

Camping en Ontario en 1907
Le camping s'est amélioré
depuis le début du 20e siècle
En 2001, 25% des Français sont partis en vacances en camping, soit plus de 15 millions de personnes. Pour 91% des personnes, le choix est motivé par le prix. 70% seulement, en revanche, sont satisfaits (problèmes de voisinage, propreté des sanitaires...), ce qui est peu, face aux 95% de taux de satisfaction des croisières. Ces dernières ont encore progressé de 12% ; 347 000 Français sont partis en croisières maritimes, et 165 000 (-3%) en croisières fluviales.



Voyage du mois

Alaska et Ouest Canadien

Dans les étendues sauvages du Yukon et de l'Alaska, montagnes et toundras se déroulent en espaces à l'infini. Le voyage que nous proposons en septembre prochain se situe entre le rush des touristes américains et japonais, et les premières neiges du long hiver du pays de Jack London et de James Oliver Curwood. En septembre, de plus, les aurores boréales et les couleurs de la taïga colorent ciel et terre. La région est riche de nature (grizzlys, mouflons, cerfs...) et d'histoire : c'est le pays des ruées vers l'or et des trappeurs, et aussi celui du pétrole et des diamants. Nous voyagerons en grands minibus conduits par Christian Kempf et Christian Genillard. Samuel Blanc, qui étudie les ours en Colombie Britannique, nous rejoindra aussi pour ce périple qui longe la rivière Yukon vers la péninsule de Seward-Kenaï. Les Russes s'y implantèrent dès le XVIIIe, et c'est là que les glaciers des Montagnes Rocheuses se jettent en mer entre baleines, loutres de mer et otaries à fourrure !

Belle vallee et lac en Ouest Canadien


Des nouvelles des poles

Forte augmentation des gaz à effet de serre au Svalbard

Le bateau de croisiere Ocean Majesty
Le bateau de croisière « Ocean Majesty » à Longyearbyen pendant l'été 2008.

Les émissions de GAS provenant du trafic de croisière et des centrales à charbon au Svalbard ont fortement augmenté depuis l'année 2000. C'est ce qui émane d'un rapport de la Direction du Contrôle du Climat et de la Pollution (Klif)

La Direction, en collaboration avec l'UNIS et l'Institut norvégien de recherche atmosphérique (NILU) a préparé ce rapport, qui a calculé les émissions de gaz à effet de serre de 2000 à 2007. Pendant ces sept années, les émissions de noir de carbone ont augmenté de 56 pour cent, les émissions d'oxyde d'azote de plus de 50 pour cent et les émissions de CO2 de 30 pour cent. Les plus grandes émissions de gaz à effet de serre proviennent de l'utilisation du charbon pour la production d'énergie et du transport maritime, notamment du trafic de croisière. Les émissions de méthane proviennent presque exclusivement de la production de charbon au Svalbard, a déclaré Ellen Hambro, directeur du Klif. Les émissions au Svalbard représentaient environ un pour cent des émissions totales de la Norvège en 2007.

Le rapport évoque également les mesures possibles pour réduire les émissions, telles que l'amélioration des techniques de production et l'utilisation de nouvelles technologies dans les centrales de Longyearbyen et de Barentsburg. Selon le rapport on peut également faire des économies d'énergie et l'imposition d'un carburant plus propre pour les navires aura pour effet de réduire les émissions dues à la croissance. En effet, les calculs dans le rapport montrent que les émissions dues à la croissance seront encore plus importantes en 2025, si rien n'est fait ou si l'on n'impose pas de limitations au taux d'activité dans l'archipel.

La pollution s'étend si loin au nord qu'elle a des effets climatiques et environnementaux, en particulier les émissions de suie. Cela affecte le climat, à la fois parce que cette pollution réchauffe l'atmosphère et qu'elle accélère la fonte quand elle se dépose sur la neige et la glace, a déclaré l'un des auteurs du rapport, le Conseiller principal Vigdis Vestreng.
Le noir de carbone a une durée de vie relativement courte dans l'atmosphère et la plupart des polluants mondiaux se sont déposés bien avant qu'ils n'atteignent l'Arctique. Cependant, les émissions locales dans l'Arctique seront en mesure d'influer directement sur le climat de cette région, selon le rapport.


L'évolution de l'ours polaire

Crane d'ours polaire Palanderbukta.JPG
Crâne d'ours polaire dans la toundra désertique

Les analyses d'une mâchoire d'ours polaire, trouvée il y a peu de temps sur Prins Karls Forland, avaient révélé non seulement une datation de 110 000 à 130 000 ans, mais aussi, grâce à l'étude de l'ADN, le fait que l'espèce « ours polaire » ne s'est séparée de l'ours brun que peu de temps auparavant, il y a environ 150 000 ans, et que finalement elle s'est très vite adaptée à l'environnement du haut-arctique.
Comme les ours polaires passent la plus grande partie de leur existence sur la banquise dérivante et qu'ils y meurent la plupart du temps, les fossiles sont par conséquent extrêmement rares.

Source : Spitzbergen.de



Des nouvelles d'ailleurs

Le pillage de l'archipel de Krakatoa


Flotte de barges
Flotte de barges
Cette réserve naturelle, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, attire de nombreux visiteurs venus observer les volcans parmi les plus actifs de la planète. Pourtant, la nuit, c'est à un bien étrange manège que se livrent de gigantesques barges capables de charger 15 000 tonnes de... Sable !
Bien que son exportation soit interdite depuis 2007 en Indonésie, la contrebande de ce matériau se poursuit dans le détroit de la Sonde. Sur Anak Krakatoa, le volcan menaçant n'a pas empêché l'installation d'une activité minière : au contraire, le creusement de tranchées pour canaliser d'éventuels flots de lave fut un prétexte à l'ouverture d'une sablière... Une clarification et un renforcement de la législation permettrait de préserver l'écosystème des 17 000 îles indonésiennes, dont plusieurs ont déjà été rayées de la carte par une trop grande activité minière.
Le sable marin en question est très prisé pour la construction en raison de son grain roulé qui confère au béton une meilleure résistance, et le phénomène de pillage accompagne fréquemment un secteur immobilier en explosion : au Mexique, en Jamaïque, au Maroc (Tanger, Casablanca...), à Singapour où l'on a gagné 120 km² de territoire en 40 ans, et même en Écosse, où la ville de Tiree est victime du tourisme et des constructions qui vont avec...
Partout, les conséquences sont comparables : érosion des côtes les fragilisant face aux tempêtes, perturbation des courants marins, mais aussi une pêche sinistrée par la pollution et les particules en suspension soulevées par tout ce "remue-ménage"...


Des nouvelles de l'equipe et de l'agence

Simon Gignac
Simon Gignac

Christian Genillard
Christian Genillard

Simon Gignac et sa « blonde » (comprenez son épouse, que l'on nomme ainsi au Québec) sont les heureux parents de Zulrich, né ce mois de mars. C'est pourquoi nous ne reverrons pas papa cette année sur le « Plancius » ni lors du voyage au Yukon-Alaska.

Christian Genillard a passé une croisière en Antarctique comme observateur à bord du Polar Pioneer ; c'est en effet la première fois que nous affrétons ce bateau, très confortable et bien tenu, qui est géré par une société de croisières-expéditions australienne.

Raymond Perrin pour sa part est aussi allé à bord du « Plancius » récemment lancé par Oceanwide Expeditions, et que nous affrétons également en juillet prochain. Mise à l'eau des zodiacs, manœuvres en banquise, hôtellerie... doivent en effet nous être familiers, et l'excellente collaboration avec les armateurs nous permet ces visites préliminaires et indispensables des bateaux en opération.

Marianne Duruel revient d'un voyage dense et d'une très bonne ambiance à Bornéo ; le changement climatique a là aussi bouleversé les pluies, et plus encore, pour tous, le constat inquiétant d'une forêt sacrifiée aux plantations devant produire l'huile de palme...

Notre équipe va s'étoffer cet été avec Yvonne Rinne ; Allemande parlant très bien Français, elle vit toute l'année à Longyearbyen. Elle nous rejoindra pour la grande croisière polaire à bord du Polar Pioneer.





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