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Newsletter n°29
Mai 2010
Chers amis voyageurs

Tempête sur le tourisme

Jamais depuis des décennies, les organisateurs de voyages n'ont été confrontés à de tels coups de vents : nuage de cendres volcaniques faisant perdre 185 millions d'euros par jour aux compagnies aériennes, augmentation des prix des carburants, dégringolade de 14% de l'euro, désengagement de l'État (loi Kouchner) en cas de rapatriement pour force majeure, suite de la grippe A... Des sociétés leaders de marchés telles Marsans sont liquidées, Kuoni licencie et la plupart des tours opérateurs ajustent les prix.

Dans une Europe à l'économie solide et solidaire, la spéculation financière agite les prix et les cours suite à des notations américaines dont la partialité est douteuse.

Dans l'immédiat, des augmentations et ajustement de prix sont ainsi évidents. À moyen terme cette tourmente stabilisera les excès de notre société de surconsommation. Une réflexion sur le contrôle par l'État des opérateurs trop avides des marchés financiers devient aussi indispensable : finances, banques, traders devront se rendre à la réalité d'un monde qui souffre.

Et à long terme, il est de plus en plus clair qu'un voyage lointain sera un superbe luxe... Mais nous n'en sommes pas là...


Les actualites du tourisme


Le petit fute du tourisme solidaire

Le routard du tourisme solidaire

Quelques guides

Le "Routard" et le "Petit Futé" publient chacun leurs nouveaux guides sur le "tourisme durable". Regardez le « petit Futé » et vous y découvrirez « Grands Espaces » en bonne place !


La France, toujours...

Notre pays est toujours la première destination mondiale, avec 74 millions de visiteurs en 2009. Les campings ont vu leur fréquentation augmenter de 4,2%, tandis que les nuitées en hôtel des étrangers ont diminué de 11%.


Cendres et chaos

L'explosion de l'Eyjafjöll en Islande a troublé les voyages. Grands Espaces a dû annuler le voyage en Pologne, mais pour les grands organisateurs de voyages, quel casse-tête ! 95 000 vols annulés en 5 jours, le « cas de force majeure » n'est pris en charge par personne et la note très lourde : plusieurs centaines de millions d'euros par jour.

Dans ce contexte de crise, notre secrétaire d'État aux transports s'est montré incapable et irresponsable, déclarant le 18 avril « Il faut que les tours opérateurs qui sont bien contents de trouver leurs clients pour les faire vivre, prennent leurs responsabilités et qu'ils s'occupent de leurs clients, de leur accueil, de leur hébergement tant qu'ils ne peuvent pas rentrer et de leur rapatriement... Si un tour opérateur traite mal ses clients, le client en choisira un autre pour son prochain déplacement. Donc à eux d'avoir une position humaine et commerciale » a déclaré Dominique Bussereau sur Europe1.

Si on appliquait les recettes de ce politique, tous les voyagistes européens feraient faillite en 10 jours ! Avec de tels propos, cet homme disqualifie toute une équipe, qui joue hors-jeu... Vous l'avez compris en tous cas : la France ne fera rien. L'argent public en revanche a bien permis d'affréter un avion privé à 116 500 € par un ministre en partance pour Haïti...

Tard, le secrétariat d'État au Tourisme, M. Novelli, a rectifié le tir. Sur le terrain, les voyagistes travaillent, négocient bien plus en peine que les touristes les plus vindicatifs.


Volcan et prix des avions

D'ici la fin de l'année et en raison des pertes liées aux interruptions du trafic et des marges très faibles, les prix des billets avion vont augmenter de 5%, et de 12% d'ici 2012.


Tourisme et emploi en Europe

Le tourisme génère 5% du PIB de l'Union Européenne et ses 1,8 millions d'entreprises occupent 5,2% de la main d'œuvre (9,7 millions d'emplois). Avec les secteurs qui lui sont liés, ce sont 12% des emplois en Europe.


Shangaï et l'exposition universelle en Chine

Du 1er mai au 31 octobre, Shangaï attend 500 000 visiteurs par... jour, chinois à 95%. Mais ce pays organisateur va aussi redorer son blason. Les Français n'étaient que 424 000 en 2008 (contre 460 000 en 2007) à visiter le pays : en cause l'industrialisation et la pollution, les droits de l'Homme. Selon l'Organisation Mondiale du Tourisme, la Chine va détrôner la France en 2020 comme première destination mondiale !

L'exposition universelle a nécessité 35 milliards d'euros en investissement et 236 pays et organisateurs y exposent.


Voyage du mois

Partez au Spitzberg !

Nous organisons cet été des croisières expéditions au Spitzberg pour lesquelles nous avons encore quelques places.

Au mois de juillet, la toundra est fleurie, les colonies d'oiseaux très actives et la banquise est presque partout... Mi-août, nous allons loin vers l'Est, pays des glaces, où l'ours polaire règne... Si ce dernier voyage s'inscrit dans l'esprit d'aventure qui caractérise nos voyages de 50 passagers, le « Plancius » en juillet apportera en plus un magnifique panel de guides conférenciers, possible grâce au nombre de participants (100 passagers).

Notre équipe polaire sera ainsi constituée de Christian Kempf, chef d'expéditions, pionnier des croisières expéditions, auteur de 3 livres sur le Spitzberg, biologiste, Raymond Perrin et Christian Genillard, navigateurs et spécialistes de l'histoire polaire ; Alain Desbrosse, biologiste et ancien président du conservatoire des sites de Bourgogne ; Louis Reynaud, glaciologue ; Pierre Taverniers, météorologiste et spécialiste du réchauffement climatique ; Samuel Blanc, biologiste et conférencier ; Agnès Brenière, spécialiste de droit polaire ; Mathieu Rochat, directeur du voyagiste Kontiki Saga à Lausanne et spécialiste de la Norvège ; Rinie Van Meurs, auteur de 2 livres sur l'ours blanc, 2 livres polaires et chef d'expédition...

Jamais un tel plateau de conférenciers n'a été réuni : une occasion unique !

Alors... Rendez-vous sur la banquise !


Des nouvelles des poles

Mâchoire fossile d'ours polaire

Machoire d'ours polaire
Mâchoire d'ours polaire

Nous vous parlions le mois dernier de l'évolution de l'ours polaire, en voici le plus ancien fossile jamais mis au jour : cette mâchoire, une mandibule gauche, a été découverte en juillet 2004 par un groupe d'étudiants en géologie de l'Unis l'Université du Svalbard, sous la direction du professeur Ólafur Ingólfsson, à Poolepynten sur l'île de Prins Karls Forland, qui fait partie du Forlandet National Park. Elle devrait permettre d'apporter des réponses sur l'histoire de l'évolution de l'ours polaire.

Les fossiles d'ours polaires dans des sédiments terrestres sont extrêmement rares. Une des explications est que l'ours polaire passe le plus clair de sa vie sur la glace, où il meurt en général aussi. Par conséquent, on ne dispose que de peu de connaissances sur son évolution.

Les recherches menées à l'Université de Lund en Suède (d'abord au carbone 14, puis avec l'électroluminescence) et sa position stratigraphique indiquent que l'âge de cette mâchoire se situe probablement entre 110.000 et 130.000 ans, ce qui en fait le plus ancien fossile d'ours polaire jamais trouvé, selon un article récemment publié par le professeur Ólafur Ingólfsson (Université d'Islande et Unis) et le professeur Øystein Wiig, (Université d'Oslo). Lorsque la découverte fut rendue publique en 2007 on a d'abord cru que la mâchoire était celle d'un ours femelle, mais d'après les analyses complémentaires, il semble maintenant qu'il s'agisse probablement d'un mâle adulte, qui avait la même taille qu'un mâle actuel.

D'autres analyses ont révélé que le sédiment, où fut trouvée la mandibule, a été déposé à une période où le niveau des mers était relativement élevé, conséquence d'une déglaciation régionale, entraînant un réchauffement relatif des eaux de l'Atlantique Nord au moment du dépôt.

La mâchoire est exceptionnellement bien conservée, ce qui est sans doute dû à la combinaison d'un sédiment marin fait de grains fins et d'un long séjour au sein du permafrost. Cela ouvre la voie à d'autres analyses complémentaires, concernant l'ADN et l'isotope du carbone, ce qui pourrait révéler davantage de détails sur l'histoire évolutive de l'ours polaire, selon le professeur Ingolfsson.



Site Poolepynten, Prins Karls Forland
Le site Poolepynten sur Prins Karls Forland

Source : Svalbardposten.no / Unis.no



Augmentation de l'activité étrangère à Ny-Ålesund

Ny Alesund, centre moderne de la recherche internationale
Ny Alesund, ancien camp minier, est devenu un centre moderne de la recherche internationale.

De plus en plus d'instituts de recherche étrangers souhaitent construire de nouveaux bâtiments et accroître ainsi l'activité de Ny-Ålesund.

Les scientifiques allemands et français ont annoncé leur intention de construire une nouvelle station de recherche. Des chercheurs japonais ont aussi indiqué qu'ils voulaient construire à nouveau, dans le centre de Ny-Ålesund pour accroître la surface de travail en plus de l'immeuble qu'ils louent actuellement à l'aéroport, a déclaré Knut Ore, président du Kings Bay AS. Ore a déclaré en outre que les chercheurs sud-coréens, qui sont basés dans l'un des deux bâtiments de l'ancienne exploitation minière avec les Français, ont annoncé qu'ils voulaient gérer l'ensemble du bâtiment lorsque les scientifiques français auront déménagé. Les scientifiques indiens quand à eux désireraient trouver une alternative au bâtiment de l'ancienne école qu'ils louent actuellement.

L'institut de recherche russe a également manifesté son intérêt pour établir sa propre base à Ny-Ålesund. Les négociations du contrat, cependant, se sont arrêtées lorsque le Kings Bay a clairement indiqué qu'il ne serait pas permis d'utiliser les hélicoptères russes pour le transport des scientifiques et que les Russes devaient, comme tous les chercheurs des autres nations, utiliser les vols existants entre Longyearbyen et Ny-Ålesund.

Ces deux dernières années ont connu une augmentation du nombre des journées de recherche dans les mois d'été de l'ordre de 60 pour cent à Ny-Ålesund. Cela a conduit à la nécessité impérieuse de trouver des lits supplémentaires pour les semaines d'été les plus chargées. Kim Holmén, directeur de recherche à l'Institut polaire norvégien, souhaite une meilleure coordination et une meilleure qualité de la recherche, plutôt que d'accroître la capacité d'accueil à Ny-Ålesund.

Dans le Livre Blanc sur le Svalbard de l'année dernière, le gouvernement indique clairement que l'objectif général est que « Ny-Ålesund se développe comme l'un des meilleurs emplacements pour le climat de l'Arctique et la recherche environnementale dans le monde ». La question est de savoir ce que Ny-Ålesund et ses environs peuvent supporter, avant que la recherche et les chercheurs constituent une menace en soi pour l'environnement.

Le Président Knut Ore estime que la nature doit gagner, et annonce que la Kings Bay va lancer une étude environnementale pour examiner ce que seront les limites de tolérance pour cette région et ses environs.

Source : Svalbardposten.no


L'observation des blanchons

La saison d'observation des blanchons aux Îles-de-la-Madeleine est annulé car il n'y a pas de banquise cette année ! Donc pas de tourisme, mais c'est très dramatique pour la naissance des blanchons. Bien attendu la chasse aux loups marins est annulée, puisque qu'il en coûterait plusieurs milliers de dollars de diesel par chalutier pour aller chercher les phoques plus au nord !

Voici quelques liens:

Mais où sont passés les phoques ?

Observation des blanchons aux Îles de la Madeleine: pas cette année


Des nouvelles d'ailleurs

Deepwater Horizon


La plate-fomre pétrolière en feu,
avant son naufrage

Le 20 avril 2010, une explosion et un incendie se déclarent sur la plate-forme Deepwater Horizon, située à 80 km des côtes de la Louisiane. La cause ? Le phénomène de Blowout : un écoulement incontrôlé de pétrole brut et de gaz naturel depuis le puits d'hydrocarbures, crée par une mauvaise évaluation des mesures de pression. Elle sombre deux jours plus tard, ravagée par l'incendie, déclenchant la fuite d'hydrocarbures et l'orage médiatique. Elle repose désormais par 1500 mètres de fond...

La fuite de pétrole détectée est d'abord évaluée à 1000 barils quotidiens par BP, mais revue à 5000 barils (795 000 l). À ce jour, quatre robots sous-marins ont échoué dans leurs tentatives de fermer manuellement les différentes vannes de sécurité qui auraient normalement dû se déclencher automatiquement lors de l'accident. D'autres solutions sont à l'étude par BP comme un grand entonnoir de métal qui servirait à récupérer le brut pour l'acheminer vers des barges en surface. La compagnie envisage également de forer un puits secondaire qui tarirait le premier en le colmatant avec un enduit... et qui permettrait de poursuivre l'exploitation !

Située à deux ou trois jours des côtes seulement, la marée noire menace les réserves naturelles, les zones humides et sites de nidification du Mississippi, de Louisiane, d'Alabama et de Floride. 400 espèces, dont des baleines, des lamantins et de nombreux oiseaux (aigrettes, hérons...) sont concernées. En mer, la proportion du pétrole restant en suspension ou retombant sur le fond marin est mal connue et l'inquiétude demeure quand aux dauphins, requins et cachalots qui peuplent ces eaux.

Sur la plate-forme, 126 personnes étaient présentes, parmi elles 17 blessés et 11 portés disparus : au-delà de ce bilan humain, c'est une fois de plus l'impuissance des instances humaines face à un évènement aussi gigantesque qu'imprévu, les marées noires étant d'un certain point de vue trop rares pour que l'on maintienne opérationnelle et dans un délai acceptable une armada de bateaux nettoyeurs... Toutefois, dans le golfe du Mexique, avec plus de 3500 plates-formes exploitant des nappes profondes au très fort potentiel mais au forage représentant un défi technique risqué, serait-ce trop demander ?



Vue satellite de la nappe de pétrole dérivante
Vue satellite de la nappe de pétrole dérivante (encadré)


Les livres du mois

Deux livres polaires écrits par nos guides polaires Grands Espaces paraissent ce mois de mai.

Samuel Blanc, instant d'une vie au bord du monde

Instants d'une vie au bord du monde

de Samuel Blanc relate le quotidien passionnant des hivernants sur la base antarctique française de Terre Adélie. Le temps d'une lecture, vous partagerez le travail et les fêtes à Dumont d'Urville, ainsi que la vie de la banquise, des icebergs tabulaires et des manchots empereurs ! Émouvant, beau... Illustré par des photographies merveilleuses. Un livre qu'on dévore en une soirée agitée de vents catabatiques à 180 km/h, de « chasse-neige », et d'un bon -38°C !

Depuis 10 ans, Christian Kempf n'avait pas écrit de nouveau livre : « En croisière au Spitzberg » dévoile ainsi une merveilleuse avalanche d'images fortes prises lors des voyages polaires de Grands Espaces dans lesquelles chacun retrouvera une partie de son voyage. 124 pages d'un format en long mettent en valeur des images exceptionnelles : au total, plus de 250 photographies. Des textes aussi qui décrivent la géographie, l'histoire, les glaces, les oiseaux et... les ours blancs !

LE livre souvenir pour les uns, LE livre tentation pour les autres... En tous les cas, le livre à acquérir...



Christian Kempf: En croisière au Spitzberg


Christian Kempf: En croisière au Spitzberg

Ces 2 livres sont en vente au prix de 20 €, port compris, uniquement auprès de :

L'Escargot Savant
Le Thillot
21230 VIEVY France

Règlement :
France : par chèque à l'ordre de l'Escargot Savant
Suisse : par virement sur le compte de Grands Espaces 30 Av. Guisan 3960 Sierre
Iban : CH33 0076 5001 C085 8534 7 Swift : BCVS CH2L



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